La traversée du désert aura été longue pour les fans de la saga qui ont dû attendre deux ans avant de pouvoir mettre les mains sur ce nouvel opus. Quelques informations avaient déjà « fuité », lorsque le titre fut annoncé lors l’E3 2017. On apprenait alors qu’Ubisoft avait décidé de revoir sa copie, et que sa licence phare allait entièrement faire peau neuve. Un pari risqué mais un pari gagnant au final étant donnés les atouts incontestables du nouveau soft de l’éditeur Breton.

A travers cet épisode, Ubisoft propose une multitude de nouveautés, conséquence d’une nouvelle formule on ne peut plus efficace, et qui concrétise sa vision du « game as a service » avec brio. Le point de départ de tous ces changements est l’orientation Action-RPG du titre, permettant ainsi d’introduire les principales mécaniques de gameplay du genre. Crafting, répartition de points dans un arbre de talents et nouveau système de combat sont autant d’axes de progression, qui permettront aux joueurs d’évoluer dans le vaste monde ouvert modélisé par le studio d’Ubisoft Montréal.

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En quête de vengeance

Comme s’il  cherchait toujours à s’affirmer en tant qu’épisode du renouveau, cet Assassin’s Creed Origins se différencie de ses ainés à bien des égards. Alors que la saga nous avait habitués à remonter le temps en revisitant des périodes toujours plus récentes, la nouvelle intrigue se déroule à l’époque de l’Antiquité, dans le pays natal de Cléopâtre. Nous y incarnons Bayek, un ancien Medjaÿ, guerrier d’un ordre révolu au service du Pharaon, et chargé de protéger l’Egypte.

L’histoire débute en l’an 49 av. J-C alors que notre protagoniste revient d’un exil. Habité par un désir de vengeance, il sera entraîné dans une épopée, qui elle-même conduira à la création du célèbre Crédo des Assassins. Telle sera la quête principale du joueur : une trame plutôt bien pensée qui saura captiver l’attention. A celle-ci s’ajoutera un grand nombre de quêtes secondaires tout aussi plaisantes à faire. Ces dernières sont toutes scénarisées, et intéresseront certainement plus particulièrement les fans en apportant leurs lots de petites précisions sur le background de la série. Ces qualités seront d’autant plus appréciables qu’il est nécessaire de faire un certain nombre de missions secondaires pour pouvoir découvrir l’histoire de Bayek et de sa femme Aya. En effet, la seule complétion des quêtes principales ne permettra pas de faire évoluer le personnage de façon optimale.

En plus des quêtes et si certaines activités disponibles plus tard au cours du jeu sont optionnelles (comme les courses de chars ou les combats de gladiateurs en arène), il faudra également partager son temps avec la chasse et l’exploration. Ceci afin de récupérer les éléments nécessaires à l’amélioration de  l’équipement gagné lors des combats ou trouvé dans les nombreuses caches disséminées sur la map.

Un monde ouvert d’une taille pharaonique

Une autre nouveauté majeure introduite par cet opus concerne la taille de la carte. La franchise nous avait déjà habitués à de vastes environnements, et pour cet épisode, on pourrait croire que le défi du Game Director Ismail Ashraf et son équipe, était de modéliser le gigantisme de l’Egypte antique. Car sur ce point également, on ne peut que saluer la performance du studio Québécois qui a su diversifier et donner une identité marquée aux différents endroits que l’on sera amené à parcourir.

Ainsi, comme dans bon nombre d’ARPG dignes de ce nom, un immense monde ouvert  nous offrira plusieurs dizaines d’heures d’exploration. Aucune progression n’est imposée sans que l’on soit complètement perdu dans le désert pour autant. Chaque région correspondant à un niveau donné, elles deviendront donc accessibles à mesure que notre personnage  accumule des points d’expérience.

Des dunes de sable à perte de vue aux oasis luxuriantes, en passant par les villes et villages ou les vieux tombeaux cachés dans l’immensité des étendues désertiques, seront autant de tableaux et de panorama que l’on aura envie de transformer en cartes postales virtuelles grâce au mode photo. Sans être révolutionnaire, cette fonctionnalité dotée de différents réglages et autres filtres est une activité très secondaire, mais qui en incitera souvent plus d’un à faire un détour pour capturer toujours plus de clichés. Ces derniers seront affichés sur la map d’autres joueurs qui pourront éventuellement les liker.

Assassin’s Creed Wildlands ?

Le système de découverte et de progression dans l’environnement n’est pas sans rappeler celui d’un certain Ghost Recon Wildlands. Une formule qui fonctionne assez bien au demeurant, en sachant susciter ce sentiment de liberté tant apprécié des joueurs. Ce sentiment sera accru par les différentes prises de contrôle de Senu, l’aigle qui nous accompagnera durant toute l’aventure. Là encore nous retrouvons une mécanique qui ne peut être qu’empruntée à ce jeu d’Ubisoft qui prend place en Bolivie, dans lequel le joueur peut déployer un drone afin d’appréhender les différentes situations. De tels engins n’existaient pas non plus dans l’Antiquité de Bayek, c’est donc Senu qui nous permet ici de marquer les cibles et autres points d’intérêts ponctuels.

Ceci étant, les similitudes entre les deux titres ne vont pas chercher bien loin. Car s’il marque un tournant pour la licence, cet Assassin’s Creed Origins reste assurément un nouvel opus de la série dont il a gardé l’ADN. Il est donc toujours possible de grimper sur n’importe quelle paroi avec l’aisance et la fluidité propre à la saga. Même si d’un autre côté, le level design qui peut encore se distinguer par une certaine verticalité, semble d’avantage pensé pour servir le réalisme et l’immersion que l’escalade. Enfin, dans le même esprit, le joueur sera régulièrement invité à réaliser le célèbre saut de la foi après être arrivé au sommet d’un point culminant. Bien que toujours aussi grisante, on pourrait regretter que cette mécanique héritée des précédents épisodes, et qui caractérise fortement la franchise, ne trouve pas de plus forte justification en terme de gameplay. En effet, le caractère ouvert de l’environnement ainsi que la direction prise par le game design font la part belle à l’exploration à tel point que l’on en vient à se demander si une telle fonctionnalité reste vraiment pertinente.

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Le dernier des Medjaÿ

Bayek sera effectivement l’homme à l’origine de la fameuse confrérie des assassins encapuchés,  mais pour l’heure il est le dernier représentant des Medjaÿ. Anciennement au service du Pharaon, ces guerriers assuraient autrefois la protection du royaume. Un choix narratif bien pensé qui légitime d’une certaine façon les transformations apportées au gameplay.

Le maître mot étant toujours de donner au joueur le choix de son approche, il est bien sûr possible d’aborder les situations de façon musclée ou plus furtive. Cependant, on remarque que cette dernière approche se fait différemment que dans les précédent opus : ici il n’est pas question de se mêler à la foule pour éliminer sa cible sans être vu. Il s’agira plutôt d’infiltrer des camps ou des bâtiments sans déclencher l’alerte. C’est à cet instant que le cycle jour/nuit et la possibilité d’avancer le temps deviennent nos meilleurs alliés. Car le temps passe et en fonction du moment du jour ou de la nuit, les PNJ, les ennemis et même les animaux ne s’attellent pas aux mêmes activités. Ainsi, lorsqu’un endroit est trop bien gardé, il devient judicieux « d’attendre » que la nuit tombe pour qu’une partie des gardes aille se coucher, et pouvoir ainsi les assassiner froidement dans leur sommeil. Même si pour ce faire le joueur dispose d’un arsenal bien fourni, les deux armes les plus efficaces de la discipline restent encore l’arc et la lame secrète des assassins. On peut donc accomplir une mission de façon totalement furtive, le système d’infiltration fonctionnant relativement bien. En revanche, bien qu’il soit possible d’éliminer rapidement un ennemi qui nous aurait repérés, le jeu ne se montrera pas très indulgent en cas d’erreur. Certainement un parti pris, qu’il faudrait percevoir comme une invitation à essayer les différents styles de combat.

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Etant un combattant aguerri, Bayek maîtrise différentes techniques : à l’épée,  avec une lance ou une massue, chaque arme dispose de ses spécificités, de ses avantages et inconvénients. On peut donc choisir d’équiper jusqu’à deux armes de mêlées ainsi que deux arcs en fonction de ses préférences et de son style de jeu.  Entièrement repensé pour l’occasion, le système de combat gagne aussi bien en dynamisme qu’en possibilités. Les combats chorégraphiques dans lesquels on affrontait un petit groupe d’ennemis ont fait place à un système d’attaque/esquive, qui trouve certainement son inspiration du côté des titres de FromSoftware, tout en étant plus accessibles car bien moins exigeants. On peut désormais choisir de verrouiller ou non un ennemi, ces derniers n’attendant plus chacun leur tour pour attaquer. Cette nouvelle forme d’I.A peut donner lieu à certaines situations délicates qui nous obligeront à battre en retraite le temps que la barre de vie se régénère. Toutefois, ce genre de circonstances, ou une désynchronisation intempestive de l’Animus, sont le plus souvent la conséquence d’une étourderie occasionnelle, et ce même dans le mode de difficulté le plus avancé. Précisément parce qu’il s’agit d’un jeu qui se destine à un très large public, on aurait aimé qu’il y ait plus de challenge au moins pour le mode difficile, le système de leveling du personnage facilitant déjà grandement la progression.

Malgré ces petits défauts, cet Assassin’s Creed Origins n’en reste pas moins une belle réussite. On est captivé par l’intrigue dans un premier temps pour finir par se perdre dans ses étendues désertiques ponctuées d’oasis magnifiques et de tombeaux mystérieux que l’on se fera un plaisir d’explorer. Le tout servi par l’excellente B.O signée par Sarah Schachner et une direction artistique des plus soignées.   Ubisoft a résolument pris le temps de faire les choses correctement pour renouveler sa franchise avec cette proposition qui ne pourra que mettre tout le monde d’accord.

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